Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 13:14

L’allure du bateau était modeste mais la mer d’huile ne freinait pas son élan et le bruit saccadé du moteur diésel hoquetait régulièrement tandis qu’un sillage tranquille gravait la surface d’un océan que Paul ne pouvait pas voir. Pourtant aux première lueurs de l’aube le fond sonore caractéristique se modifia, les hochets se firent plus espacés et Paul senti sans le voir le ralentissement du navire il monta sur le pont et cette fois on ne lui demanda pas de redescendre car a quelques centaines de mètre du bateau une ile semblait être la prochaine étape de son chemin initiatique. Si Paul avait pu consulter une carte il aurait su qu’il faisait face a l’ile de jibondo mais pour l’heure c’était toujours dans l’ignorance totale de sa situation géographique qu’il put bientôt apercevoir venant de la plage une embarcation qui venait le chercher il monta a bord difficilement car après son trajet difficile il se rendit compte que son équilibre était précaire mais il accepta ce nouveau transbordement et attendit que ce désormais classique moyen de transport le dépose finalement seul dans une petite crique de sable blanc. Paul voulu poser une question a son chauffeur de taxi particulier mais l’homme fit des gestes d’incompréhension et repris la mer sans plus d’explications laissant donc Paul à ces interrogations. Il commença à marcher vers la ligne de cocotiers qui délimitait la fin de la plage tout en regardant s’éloigner la dernière embarcation qui l’avait déposé là. Le bateau de pêche lui semblait maintenant assez lointain sur l’horizon.

En toutes autres circonstances ce lieu aurait pu lui paraître idyllique mais les conditions dans lesquelles il débarquait ici gâchaient un peu aujourd’hui le décor de rêve.

C’est en ramenant son regard vers la lisière de la foret qu’il la vit, ou plutôt qu’il l’aperçu. Il sut toute de suite que c’était elle malgré la distance qui les séparait encore il aurait reconnu sa silhouette entre mille, il faut dire qu’il s’était exercé pendant des années dans les halls d’aéroports ou parmi une foule d’anonyme. Elle semblait l’attendre depuis un moment maintenant mais elle ne bougea pas.

Elle devait le regarder s’approcher et il prit conscience de son piteux état encore un peu nauséeux, dégageant une odeur tenace de poisson, il pensa alors que, de toutes les situations de retrouvailles, celle la pouvait sans difficultés faire partie des pires.

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