Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 20:27

Il passa rapidement en revue le vocabulaire disponible pou une telle situation mais lui qui trouvait souvent le mot juste pour ses clients préféra garder le silence, il s’assit donc a quelques mètres d’elle alors qu’elle le fixait du regard. Pour éviter une confrontation immédiate et mal venue il détourna le sien vers l’horizon et inspira profondément.

Ce fut elle qui engagea la conversation sans un seul mot d’explication ou de bienvenue et sur un ton très agressif

Tu es content de toi ?  tu as encore réussi à foutre le bordel comme tu sais si bien le faire

Paul sentait une colère froide et garda le silence

Tu es donc toujours aussi nul, tu te tires comme le roi des salauds et tu déboules 5 ans plus tard avec ta tête de marchand de tapis, ton sourire béat et tes grosses chaussures qui écrasent tout sur leurs passages.

Sa voix maintenant s’était élevée pour atteindre le cri

Non mais pour qui tu te prends ? Qui t’as permis de venir foutre le bordel dans ma vie ? qui t’a demandait de venir poser des questions sur moi? Tu n’es rien tu n’as aucun droit. Tu voulais savoir et bien voila maintenant tu sais, tu voulais me voir et bien voila c’est fait aussi, tu m’as vu et je veux que ce soit la dernière fois OK. Tu m’a bien compris tu dégages de ma vie définitivement  c’est clair ? je sais que tu meurs d’envie de comprendre mais tu ne sauras rien parce que tu n’as rien à savoir. Je te demande juste si ce n’est pas trop te demander de garder le silence sur cette rencontre. Si j’ai souhaité disparaître j’ai mes raisons que tu n’as pas à connaître. Alors voila maintenant tu retournes dans ta petite vie et tu fais comme les autres et si on te pose des questions tu dis que tu ne sais rien parce que c’est justement le cas    

Si tu m’expliquais un peu je pourrais peut être comprendre c’est quand même une situation assez étrange.

Mais t’as jamais rien compris à rien tu ne t’intéresses qu’à ton pognon, à ton marketing, même quand on était ensemble j’ai essayé de te faire comprendre des choses pourtant je suis sur que tu ne m’écoutais que par politesse quand je t’expliquais pourquoi c’était génial de trouver un morceau de vase cassé dans des ruines. Toi tu devais déjà penser à ta prochaine campagne de merde. Tu es un gros naze  et tu le prouves encore aujourd’hui. Alors maintenant je te demande un dernier service : barre toi et oublie moi.

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Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 13:14

L’allure du bateau était modeste mais la mer d’huile ne freinait pas son élan et le bruit saccadé du moteur diésel hoquetait régulièrement tandis qu’un sillage tranquille gravait la surface d’un océan que Paul ne pouvait pas voir. Pourtant aux première lueurs de l’aube le fond sonore caractéristique se modifia, les hochets se firent plus espacés et Paul senti sans le voir le ralentissement du navire il monta sur le pont et cette fois on ne lui demanda pas de redescendre car a quelques centaines de mètre du bateau une ile semblait être la prochaine étape de son chemin initiatique. Si Paul avait pu consulter une carte il aurait su qu’il faisait face a l’ile de jibondo mais pour l’heure c’était toujours dans l’ignorance totale de sa situation géographique qu’il put bientôt apercevoir venant de la plage une embarcation qui venait le chercher il monta a bord difficilement car après son trajet difficile il se rendit compte que son équilibre était précaire mais il accepta ce nouveau transbordement et attendit que ce désormais classique moyen de transport le dépose finalement seul dans une petite crique de sable blanc. Paul voulu poser une question a son chauffeur de taxi particulier mais l’homme fit des gestes d’incompréhension et repris la mer sans plus d’explications laissant donc Paul à ces interrogations. Il commença à marcher vers la ligne de cocotiers qui délimitait la fin de la plage tout en regardant s’éloigner la dernière embarcation qui l’avait déposé là. Le bateau de pêche lui semblait maintenant assez lointain sur l’horizon.

En toutes autres circonstances ce lieu aurait pu lui paraître idyllique mais les conditions dans lesquelles il débarquait ici gâchaient un peu aujourd’hui le décor de rêve.

C’est en ramenant son regard vers la lisière de la foret qu’il la vit, ou plutôt qu’il l’aperçu. Il sut toute de suite que c’était elle malgré la distance qui les séparait encore il aurait reconnu sa silhouette entre mille, il faut dire qu’il s’était exercé pendant des années dans les halls d’aéroports ou parmi une foule d’anonyme. Elle semblait l’attendre depuis un moment maintenant mais elle ne bougea pas.

Elle devait le regarder s’approcher et il prit conscience de son piteux état encore un peu nauséeux, dégageant une odeur tenace de poisson, il pensa alors que, de toutes les situations de retrouvailles, celle la pouvait sans difficultés faire partie des pires.

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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 19:42

Paul préféra ne pas quitter l’hôtel pour éviter de rater le retour de Joseph car il espérait vraiment que leur dernière discussion ferait avancer sa recherche. Il tua le temps et quelques insectes trop agressifs, relu diverses brochures et des récits d’expéditions sur le kilimandjaro en espérant le retour prochain de celui qui restait son seul lien avec la vérité.

Etrangement malgré les heures qui s’écoulaient bien trop rapidement à son gout. Il ne doutait pas de son retour.

Ce n’est pourtant que deux jours plus tard, dans la soirée que Joseph se manifesta a nouveau il attendait Paul à la réception et il lui demanda de le suivre immédiatement. Paul ne pu négocier la moindre informations il le suivit donc a une allure tranquille, cette fois ci Joseph ne se retourna pas jusqu’a l’arrivée sur la plage près d’un petit bateau de pêche qui semblait les attendre a quelques encablures du rivage .Echoué sur le sable une barque qui lui sembla minuscule reposait sur son flan droit, et, alors qu’ils s’approchaient ensemble de l’embarcation un troisième homme sorti de l’ombre et commença a pousser le frêle esquif jusqu'à l’eau sans dire un mot. Paul monta juste derrière Joseph qui ne lui donna aucune aide pour monter à bord, le troisième homme monta en dernier et ils se dirigèrent vers le bateau qui se distinguait maintenant dans la clarté d’une lune plutôt généreuse. A peine à bord Joseph souleva une trappe qui donnait accès à la cale et indiqua à Paul l’échelle qui s’enfonçait vers le fond obscur. Manifestement Paul n’avait pas le choix il allait voyager en 3ème classe il descendit et s’assit donc sur un socle en bois dans une odeur forte de poisson qui le prenait a la gorge. Bien que le panneau d’accès resta ouvert la visibilité à l’intérieur était presque nulle et ce n’est qu’après un certain temps, quand ses yeux se furent accommodés à la pénombre qu’il distingua une bouteille d’eau et quelques provisions. Le mélange des odeurs étaient difficilement supportables entre le gasoil et les relents de poisson mais Paul savait qu’il tenait le seul petit fil qui pouvait le conduire vers la vérité, ne voulant pas prendre le risque de le rompre par des revendications de confort mal venus il préféra se taire et attendre la fin du voyage. Il dut pourtant se résoudre à monter sur le pont pour aller vomir plusieurs fois mais, malgré l’absence de raison apparente, Joseph ou un des marins du bord le rejoignait pour lui demander de redescendre. Paul n’y sentait pas de menaces mais juste les règles d’un jeu qui n’étaient pas discutables.

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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 19:27

-          Bonjour, logiquement je devrais t’appeler demie-lune mais tu es trop grand pour le personnage

Joseph ne put réprimer un sourire avant de reprendre un air sérieux

-          Alors voila, on ne se connaît pas vraiment même si je te remercie de m’avoir guidé l’autre jour. Je vais être franc avec toi comme je te l’ai déjà dit je recherche une jeune femme qui a disparu il y a quelques jours et j’ai appris grâce aux personnes que tu m’as fait rencontrer que par le plus grand des hasards tu connais plutôt bien cette personne.  Je sais aussi  que la police t’a longuement interrogé  a ce sujet mais tu vois  j’ai la certitude que tu ne leurs a pas dit la vérité, j’ai même la conviction que tu en sais beaucoup plus que ce que tu leur as dit. Alors comme en plus je suis du coté de Florence et que j’ai très peu de temps j’avais pensé que tu pourrais m’en dire un peu plus car tu n’a pas a avoir peur de moi je ne suis pas policier et je ne suis même pas de ce pays.

-          Je n’ai pas peur de vous Docteur Jones

-          Donc tu peux me dire la vérité

-          La vérité Je l’ai déjà dite je ne sais rien de plus que ce que j’ai déjà dit, je l’ai conduite en bateau sur…

-          Ok ok ca je le sais mais écoute moi deux minutes l’autre soir c’est toi qui est venu vers moi pourquoi ?

-          C’est…

-          Attends je termine disons que j’émets une hypothèse alors voila tu me surveilles de loin et tu t’aperçois que j’interroge beaucoup de gens, je questionne a droite et a gauche et bien tu vois j’émets l’idée peut être absurde j’en conviens  que cela ne te plait pas du tout que tu souhaite au contraire que l’on ne parle plus de cette histoire peut être même as-tu reçu des consignes en ce sens note bien que c’est toujours une hypothèse hein. Alors tu précipites les évènements pour que je trouve les Français car tu sais que je vais bien finir par les trouver mais en réveillant peut être quelques souvenirs, des témoins inconnus tu vois ce que je veux dire un petit vieux sous un arbre, une femme lavant son linge ou un pécheur retardataire qui par exemple serait partis a une heure inhabituelle en même temps que vous le matin de la disparition, bref tu as peur d’un témoin de dernière minute et tu te précipites pour interrompre mes recherches.  Alors qu’en penses-tu de ma petite histoire ?

Paul continuait à observer son interlocuteur du coin de l’oeil tout en attaquant une tartine de confiture.

-          J’en pense que je n’ai pas peur ni d’un témoin ni de vous et j’ai déjà tout dit.

-          OK c’est ton droit mais tu sais qui je peux faire beaucoup de bruit dans mon pays je peux faire venir pleins de journalistes qui vont poser des tas de questions faires des tas de photos et je pense que même si tu n’as pas peur de moi tu as envie d’éviter ce genre de scenario. Non ?

Paul piocha un morceau de mangue dans une assiette et fixa Joseph. Il venait de poser sa meilleur carte sur la table et attendait la réaction du joueur d’en face. Quand il remarqua que Joseph cherchait un point où fixait son regard et qu’il changeait de position sur sa chaise il su qu’il avait ouvert le jeu avec la bonne carte maintenant il fallait laisser la partie se dérouler.

-          pourquoi faites vous cela si vous dites que vous êtes un de ces amis. C’est pas être amis ça !

-          Ecoute Joseph je veux juste que tu arrêtes de me mener en bateau moi aussi, il ne se passera rien de tout cela si tu m’expliques ce qui s’est passé ce matin là.

-          Il faut que je réfléchisse

-          Ok réfléchis ! tu sais où me trouver mais je n’ai plus que quelques jours de vacances ici alors ne traine pas trop.

Joseph se leva en prenant un fruit sur la table il fixa Paul dans les yeux d’un air sévère puis parti sans se retourner, ce matin pensa Paul en le regardant s’éloigner il avait été battu et il était apparemment vu son dernier regard un mauvais perdant.

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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 10:51

Le soleil était maintenant haut dans le ciel et commençait à écraser de chaleurs ces lieux magiques et chargés d’histoire. Paul une main en visière sur son front admirait les différentes ruines qui s’exposaient a sa vue. Le site lui rappelait différents endroits ou Flo l’avait presque trainé de forçe. Il est vrai qu’il était assez hermétique à ces travaux et il avait du mal a s’extasier sur un cercle en pierre ou un morceau de fayençe, pourtant ce site semblait lui donner une force particulière. Dans tous les cas il se jura de retrouver Florence et de comprendre ce qui se passait même si il devait pour cela remuer, une fois n’est pas coutume, les vieilles pierres qui l’entouraient.

-          Hélène je vais avoir besoin de vous

-          Vous savez je ne suis qu’une assistante et je crains fort que mes compétences ou mes diplômes ne vous servent a rien dans vos recherches.

-          Je crois que l’on ne fait pas assez confiance a la police locale et c’est ce qui m’a écarté du seul point important : Joseph, je suis sur qu’il sait plus de chose qu’il ne le dit, la façon dont il a évité toutes discussion lors de notre première rencontre est étonnante. De plus c’est lui qui est venu vers moi c’est lui qui a pris contact pour me conduire vers vous tout en posant des questions sur ma présence alors pourquoi refuser toute discussion ensuite. Je dois vraient parler avec lui. Vous pouvez m’arranger cela ?

-          La police l’a longuement questionné

-          Je sais et je sais aussi que je viens de dire qu’il faut lui faire confiance mais la police c’est la police c’est sa force mais aussi sa faiblesse. S’il vous plait trouvez Joseph et dites lui que j’aimerai lui parler

-          J’essaierais…..au fait vous savez qu’il vous surnomme docteur Jones !

 

Paul sourit adressa un petit signe d’au revoir et couru pour rejoindre le groupe qui était sur le point de repartir, les touristes surpris de son absence pendant l’exposé des chercheurs le regardait d’un air interrogatif ; Comment pouvait-on passer à coté d’un tel privilège. Mais Paul ne se souciait guère de leurs regards soupçonneux, pareil aux bateaux qui les ramenaient maintenant vers la plage malgré des courants capricieux et contraires il gardait son cap et il était convaincu d’aboutir. Même si il devait rameuter sur les lieux toute la police du pays cette histoire ne sombrerait pas dans l’oubli et la torpeur sournoise des tropiques.

Paul ne se faisait pas d’illusion sur la suite des évènements et si Joseph ne voulait pas le voir il ne le verrait pas c’était son monde, son terrain de jeu qu’il connaissait parfaitement et il n’était de son coté  qu’un parisien exilé avec un seul espoir qu’ Hélène réussisse à le convaincre de venir. Certes les cartes que Paul avait en main étaient pour le moment sans valeur mais à force de se remémorer les évènements des jours précédents il venait d’en découvrir une plus intéressante qui lui avait échappé dans le feu de l’action. Cette intuition amena un petit sourire sur son visage et il implora sa bonne étoile pour cette partie de cartes qu’il ne maitrisait pas.

Il attendit des nouvelles d’Hélène toute la soirée mais il ne se passa rien. Malgré son impatience il dut se résigner à aller se coucher par fatigue et pour échapper sous la moustiquaire à des cohortes de moustiques affamés et aussi impatients que lui.

 

Les matins étaient toujours aussi magiques, le soleil apparaissait à l’Est en surgissant au dessus des ruines de la baie ; Paul ne se lassait pas du spectacle, lui qui n’était pas un matinal, sacrifiait a ses habitudes pour observer une scène immuable de la nature qui attirait de nombreux client de l’hôtel.

C’est lorsqu’il gagna le restaurant pour le petit déjeuner qu’il le vit. Comme la dernière fois il semblait avoir surgit de nulle part mais Paul savait que les lieux abritaient de nombreux sentiers très discrets. Il était assis a une table et semblait l’attendre patiemment ; il s’assit a son tour en face de lui et fit signe au serveur.

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